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Semaines 37 et 38 : De lacs en lacs

  • 5a6roues
  • 10 juin 2018
  • 7 min de lecture

On a pris tellement de plaisir à rouler dans des paysages magnifiques (2 semaines non stop), qu'on en avait presque oublié notre blog. Voilà donc 2 semaines pour le prix d'une !

De Linz à Salzbourg,

Agathe (avec qui on avait dîné à Vienne) nous avait parlé avec enthousiasme des lacs au Nord Est de Salzbourg. Les « Escargots à vélos » (famille qui voyage aussi en vélo en Europe avec leurs 2 enfants de l'âge des nôtres) nous ont mis l'eau à la bouche avec leur récit relaté dans leur blog. Ils nous ont par la suite partagé leur itinéraire et rassuré sur le relief !

Nous quittons donc l'Eurovélo 6 à Linz pour nous échapper vers le Sud Est en direction de Salzbourg. Même si les paysages le long du Danube devenaient de plus en plus jolis, on n'est pas mécontent de quitter « l'autoroute des cyclos » pour aller nous perdre dans les alpages plus authentiques de « Haute Autriche ».

Notre route suit dans un premier temps la rivière du Traun. Le chemin est varié : ombragé au bord de l'eau, dégagé quand la route serpente au milieu des champs pour nous conduire de ferme en ferme et de village en village. Les exploitations agricoles sont toutes jolies et impeccables. Les villages colorées avec de belles bâtisses parfois décorées de grandes fresques.

On plonge soudain vers Gmunden. On découvre alors d'un coup le lac Traunsee, dominé par d'imposantes falaises, avec les Alpes en toile de fond. Changement radical de paysage après la vallée du Danube, éloignée pourtant de quelques dizaine de kilomètres seulement. Il fait encore chaud et le soleil brille. On ne résiste pas à un plongeon dans les eaux limpides du lac ! Le lendemain, on longe le lac avant d'en rejoindre un nouveau, juste quelques kilomètres plus loin, le Wolfgangsee. On se croirait dans un monde parfait : Les eaux sont tranquilles et d'un incroyable vert, le soleil brille, tout le monde est calme, beau et souriant, les enfants aident leurs parents à mettre le canoé ou le voilier à l'eau. C'est un peu le sketch du blond de Gad Elmaleh dans la vraie vie. Les gens se sentent tellement beaux et bien dans leur corps qu'ils n'ont aucun problème à plonger du même ponton que nous ... tous nus ! Ça intrigue beaucoup Gaël ... Ces lacs ne seront que les premiers d'une longue série qui durera jusqu'au Bodensee (Lac de Constance).

Le 31 Mai on découvre en voyant tous les magasins fermés un Jeudi … que c'est un jour férié : la Fête Dieu. Mince, on n'a rien anticipé pour nos courses ! Ça sera Bretzel et Strudel (achetés dans la seule boulangerie ouverte) au menu du jour. C'est l'occasion pour nous de nous rendre compte à quel point les traditions sont encore bien présentes : processions dans tous les villages avec les femmes en robes bavaroises (au généreux décolleté) et les hommes en culottes courtes en peaux et avec les chapeaux alpins.

Les re-retrouvailles avec Anne et Maxime

En novembre, nous avions rencontré Anne et Maxime au Portugal, eux aussi en route pour un tour d'Europe en vélo. Nous avions pu les croiser à nouveau en Grèce, début avril. Ils avaient fêté avec nous les 2 ans de Margaux. Nous avions ensuite repris des routes différentes, eux vers le Nord et nous vers le Suc.

Et bien c'est en Autriche, à Salzbourg, que nous les avons à nouveau rencontrés. Pas d'anniversaire à fêter cette fois mais l'occasion de célébrer ensemble les 10 000 km de l'équipe 5a6roues, avec de la bière bien évidemment !! On profite des 48h passées à rouler ensemble pour échanger sur nos expériences et les pays visités. Nous sommes passés en Macédoine et Serbie, eux ont parcourus d'autres pays des Balkans : Montenegro, Bosnie et Slovénie. Alors que nous avions beau temps depuis des semaines, eux nous racontent que pluie et orage ont été leur quotidien. Et ils les ont visiblement ramenés avec eux ... Lors de notre bivouac commun, nous sommes obligés d'évacuer notre tente au petit matin, l'orage de la nuit s'étant chargé de former une jolie mare juste là où nous avions planté notre abri. Ça nous rappelle une nuit similaire en Sicile en février.

De Salzbourg à Lindau (Lac de Constance)

Après Salzbourg, on passe très rapidement la frontière avec l'Allemagne. Même si la langue reste la même sur les panneaux, on se rend bien compte qu'on passe la ligne qui sépare les 2 pays car le panneau frontière est cette fois bien présent. On en profite pour prendre la pose !

Comme en Autriche, on roule dans des paysages splendides et verdoyants, et on va de lac en village. Nombreuses baignades (jusqu'à trois fois par jour pour les enfants) et bivouacs idylliques au bord des lacs : Chiemsee, Simssee, Chliersee, Tegernsee, Forgensee … on s'y perd presque !

Les paysages deviennent de plus en plus alpins. Nous roulons entre 800 et 1000 mètres d'altitude et sommes entourés de sommets encore enneigés. Les nombreuses remontées mécaniques et pistes de ski que nous observons sur notre passage nous permettent de ne plus douter : nous sommes bien en montagne et il doit y avoir beaucoup de neige l'hiver. Les grandes cultures laissent la place aux prairies où les agriculteurs sont tous occupés à faire les foins. On admire les vaches qui pâturent tranquillement, nous offrant un véritable concert de lcloches (qu'elles portent à leur cou). Les forêts de feuillus disparaissent pour laisser la place aux conifères. On apprécie les pistes forestières qui nous permettent de rouler un peu au frais, à l'ombre des arbres. Les pins fournissent également un matériau de premier choix pour les habitations où le bois domine désormais très largement.

Si les exploitations sont en général de petite taille (élevage laitier de 20 à 40 vaches laitières), les bâtiments sont eux plutôt imposants. L'étable, au dessus de laquelle on trouve le grenier à foin, est en général attenante à la maison d'habitation, souvent sur 3 étages, et où il n'est pas rare que cohabitent 3 générations.

Si nous sommes enchantés par les paysages qui nous entourent, nos jambes le sont parfois moins. La Bavière ça se mérite et après 3 semaines le long du Danube, il faut à nouveau s'habituer à grimper. On diminue donc la longueur de nos étapes et les garçons doivent parfois se remettre à marcher en bord de route quand les côtes sont vraiment trop sévères. Margaux teste même la place arrière de la Recyclette (sur le selle, pieds sur le cadre …) pour alléger le Pino. Notre fille est aux anges … ça va parce qu'on roule qu'à 6 km/h. Les nombreux cyclistes allemands que nous rencontrons, dont la très grande majorité sur des vélos électriques, nous prennent pour des fous avec notre chargement et cherchent où peut bien être caché notre moteur ! Les enfants ont renommés les vélos électriques « vélos électricheurs », et nous les parents sommes frustrés de nous faire doubler en pleine montées par des gens qui pédalent sans effort (et avec leur talons!) quand nous suons à grosses gouttes ! Heureusement, les allemands sont reconnaissants, et à l'occasion de ces brefs rencontres, nous sommes très souvent salués par un mot : « respekt ! ».

L'accueil Bavarois

Alors que nous avions fait peu de rencontres en Hongrie et en Autriche où nous avions trouvé les habitants plutôt distants, l'accueil Bavarois est extraordinaire … un des meilleurs de notre voyage. Après notre évacuation matinale de la tente (pour cause d’inondation), nous décidons de nous arrêter à la première ferme pour prendre un petit déjeuner au sec avant de nous remettre en selle. Nous sommes un Samedi, il est à peine plus de 7h (du mat'). Hans nous ouvre une pièce tout confort à l'étage de sa grange en nous disant qu'avec un tel orage c'est la veille que nous aurions dû taper à sa porte !

Quelques kilomètres plus loin, alors que nous profitons du soleil pour pique niquer et faire sécher notre tente trempée, Bernard et Ella s'arrêtent en vélo à notre niveau et nous invitent spontanément à passer la soirée et la nuit chez eux. Nous sommes 7 à envahir leur maison (avec Maxime et Anne). Accueil digne d'un hôtel : chambres avec lits faits, serviette de bain … Nous partageons avec eux dîner et petit déjeuner en échangeant sur nos voyages respectifs.

Quelques jours plus tard, à la sortie du village d'Eisenberg, épuisés par les dernières grimpettes, nous demandons à planter notre tente dans le jardin d'une propriété. Marion et Markus Berkmiller nous reçoivent à nouveau comme des rois (avec douches chaudes notamment !). Nous partageons le dîner avec eux pendant que Mayeul et Gaël enchaînent les parties de foot avec Peter et Florian (leurs 2 garçons du même âge que les nôtres).

Pour finir la semaine en beauté, c'est à Stieffenhofen, sous une belle averse, que nous tapons à la porte de Rodolf et son épouse. Ils nous ouvrent un garage pour abriter nos vélos et une pièce avec tables et chaises pour que nous puissions dîner au sec. Ils partent ensuite dîner chez des amis. Nous sommes seuls dans la propriété de personnes que nous ne connaissons à peine. Quelle gentillesse et quelle confiance ! Le lendemain matin, après nous avoir rempli nos sacoches de victuailles, ils nous souhaitent bonne route en agitant le drapeau bavarois.

Pour la première fois depuis 25 ans, on met en pratique nos 10 ans de cours d'allemand ... C'est laborieux mais malgré notre accent à la Papa Shultz, on arrive à comprendre et presque à se faire comprendre.

Bref, ces deux semaines en Autriche et en Allemagne resteront un moment fort du voyage : paysages magnifiques et accueil très chaleureux. On apprécie d'autant plus que nous ne nous y attendions pas ... considérant l'Allemagne et l'Autriche comme des cousines de la France ne pouvant nous surprendre. D'ailleurs depuis le Maroc, c'est la première fois que nous roulons deux semaines de suite sans éprouver aucune monotonie ou lassitude ... C'est un émerveillement à chaque virage ... Un vrai coup de coeur !

 
 
 
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